Rome V vs Rome IV : ce qui pourrait changer pour le diagnostic du SII

Rome V arrive : critères diagnostiques, douleur, inconfort, approche clinique… Découvrez ce qui pourrait changer pour le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable.

Sommaire

Rome V vs Rome IV : qu’est-ce qui pourrait changer pour le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable ?

Depuis plusieurs années, le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable (SII) repose principalement sur les critères dits « Rome ».

Après Rome III puis Rome IV, une nouvelle évolution arrive : Rome V.

Et beaucoup de patients se demandent :

Est-ce que le diagnostic du SII va changer ?
Est-ce qu’on va changer le nom du SII ?
Est-ce qu’on va enfin mieux reconnaître certaines formes atypiques ?

La réponse courte :

Oui, certaines choses semblent évoluer.
Mais probablement pas de la manière que beaucoup imaginent.

Et surtout : ces évolutions semblent surtout chercher à mieux refléter la réalité clinique des patients.

Petit rappel : à quoi servent les critères Rome ?

Les critères Rome sont des critères diagnostiques internationaux utilisés pour aider les professionnels à identifier certains troubles digestifs chroniques.

Leur objectif n’est pas de remplacer le jugement clinique.

Ils servent plutôt à :

    • standardiser les diagnostics,
    • faciliter la recherche,
    • améliorer la communication entre professionnels,
    • créer des définitions communes.

Dans le SII, ces critères ont énormément influencé la pratique clinique depuis plusieurs décennies.

Est-ce que le syndrome de l’intestin irritable va changer de nom ?

Réponse courte :

Non, pas vraiment.

Le diagnostic de syndrome de l’intestin irritable continue d’exister.

En revanche, ce qui continue d’évoluer, c’est la manière de conceptualiser ces troubles.

Depuis plusieurs années, on s’éloigne progressivement du terme :

« troubles fonctionnels digestifs »

pour aller vers :

« troubles de l’interaction intestin-cerveau »

(en anglais : Disorders of Gut-Brain Interaction ou DGBI).

Pourquoi ?

Parce que le mot « fonctionnel » a souvent été interprété comme :

« on ne trouve rien »

ou pire :

« c’est psychologique »

Alors que la réalité est beaucoup plus complexe.

Des critères cliniques différents des critères de recherche ?

C’est probablement l’une des évolutions les plus importantes.

Rome V semble séparer :

Les critères de recherche

Objectif :

    • standardisation,
    • essais cliniques,
    • comparabilité des études.

Ces critères restent plus stricts.

Les critères cliniques

Objectif :

    • refléter la vraie vie,
    • tenir compte du contexte,
    • utiliser davantage le jugement clinique.

Cela signifie concrètement :

Les critères utilisés dans les études ne seraient plus exactement les mêmes que ceux utilisés en consultation.

Pour beaucoup de cliniciens, cela pourrait être un changement majeur.

Le seuil diagnostique semble devenir moins restrictif

Rome IV était parfois critiqué parce qu’il excluait certaines personnes pourtant très symptomatiques.

Les communications actuelles autour de Rome V indiquent notamment :

    • un seuil symptomatique potentiellement abaissé,
    • davantage d’importance donnée au caractère gênant des symptômes,
    • davantage de place au retentissement réel sur la qualité de vie.

L’objectif semble être :

mieux reconnaître les patients réels, et pas seulement ceux qui rentrent parfaitement dans une case.

Vers un diagnostic plus rapide ?

C’est probablement un point qui fera beaucoup parler.

Rome IV utilisait notamment :

    • symptômes présents depuis plusieurs mois,
    • apparition des symptômes ancienne,
    • temporalité relativement longue.

Les nouveaux critères cliniques évoquent une temporalité plus courte dans certaines situations cliniques. Certaines discussions évoquent notamment une réduction importante du délai clinique avant diagnostic.

Mais attention :

cela ne signifie pas qu’on diagnostiquera un SII après quelques jours de symptômes.

Le jugement clinique reste central.

Ce que cela pourrait changer concrètement pour les patients

Potentiellement :

Moins de patients qui entendent :

« Vous ne rentrez pas exactement dans les critères »

Plus de reconnaissance des symptômes ...

gênants sans douleur intense

Une approche plus personnalisée

Avec davantage d’importance donnée :

    • au contexte,
    • au fonctionnement quotidien,
    • au retentissement réel,
    • et au vécu du patient.

Ce que Rome V ne change probablement pas

Certaines choses restent importantes :

    • le SII reste un diagnostic clinique,
    • les symptômes digestifs persistants nécessitent toujours une évaluation médicale adaptée,
    • les signes d’alerte restent importants,
    • l’alimentation seule n’explique pas tout,
    • le SII reste une condition multifactorielle.

Rome V ne semble pas chercher à « révolutionner » complètement le SII.

L’objectif semble plutôt être :

rendre les critères plus proches de la réalité clinique.

Questions fréquentes

Est-ce que mon diagnostic SII va changer ?

Pas nécessairement.

Beaucoup de personnes déjà diagnostiquées resteront probablement concernées.


Est-ce que le SII change de nom ?

Non.

Le diagnostic continue d’exister, même si le cadre théorique évolue.

Est-ce que Rome V veut dire que “tout est le cerveau” ?

Non.

Le concept d’interaction intestin-cerveau reconnaît justement que :

    • intestin,
    • système nerveux,
    • alimentation,
    • microbiote,
    • immunité,
    • motricité digestive

interagissent constamment.


Rome V semble marquer moins une révolution qu’une évolution.

Une évolution vers :

    • plus de pragmatisme,
    • plus de personnalisation,
    • davantage de prise en compte du vécu réel des patients,
    • et probablement moins de rigidité diagnostique.

Et finalement, c’est peut-être cela le changement le plus important.

Articles complémentaires à lire

Vous pourriez aussi être intéressé par :

 

Besoin d’aller plus loin ?

Si vous souhaitez débuter l’alimentation pauvre en FODMAP plus sereinement, vous pouvez aussi recevoir :

    • ma formation gratuite de 7 jours,
    • ainsi que mon guide des 500 aliments pauvres en FODMAP.

Vous y trouverez des bases plus claires et plus structurées pour éviter certaines erreurs fréquentes.

Et si vous voulez savoir si mon programme d’accompagnement de 6 mois en ligne est adapté à votre cas personnel, voilà le lien vers mon Questionnaire d’Évaluation Diagnostic et d’Orientation :

0 commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *