Rome V : ce qui change pour le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable

Rome V est désormais publié : découvrez les nouveaux critères du SII, les différences avec Rome IV et ce que ces changements impliquent pour le diagnostic en pratique.
Sommaire
Rome V : ce qui change pour le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable
Rome V est désormais publié. Après plusieurs années de travaux internationaux, la nouvelle version des critères de Rome apporte plusieurs évolutions importantes dans la définition et le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable (SII).
Parmi les changements les plus importants : le retour de l’inconfort abdominal aux côtés de la douleur, l'abaissement du seuil de fréquence des symptômes et l'introduction explicite du caractère non continu de la douleur ou de l'inconfort.
Ces modifications peuvent sembler techniques. Pourtant, elles pourraient avoir des conséquences très concrètes sur les personnes qui répondent — ou non — aux critères diagnostiques du SII.
Dans cet article, je vous propose de faire le point sur ce qui change réellement entre Rome IV et Rome V, ce que cela signifie en pratique et ce que les premières données de validation nous apprennent déjà.
Article mis à jour : août 2026
Rome V ayant été publié en 2026, cet article présente les critères actuellement disponibles. Les données concernant leur utilisation en pratique clinique continuent toutefois de s'accumuler.
Rome V, c’est quoi exactement ?
Les critères de Rome constituent un cadre international permettant de définir et de diagnostiquer les troubles des interactions intestin-cerveau, ou Disorders of Gut-Brain Interaction (DGBI).
Ils sont élaborés par la Rome Foundation à partir de travaux scientifiques, d'études épidémiologiques et d'un consensus international d'experts.
Rome V est la cinquième version de cette classification, après :
-
- Rome I en 1994 ;
- Rome II en 1999 ;
- Rome III en 2006 ;
- Rome IV en 2016 ;
- Rome V en 2026.
Cette nouvelle version a été élaborée avec la participation de plus de 140 experts provenant de 27 pays.
Mais Rome V n'est pas simplement une nouvelle liste de symptômes.
La démarche cherche également à faire évoluer la manière dont les troubles des interactions intestin-cerveau sont compris, diagnostiqués et pris en charge.
Rome IV et Rome V : quelles sont les principales différences pour le SII ?
Voici le changement le plus simple à visualiser :
| Rome IV – 2016 | Rome V – 2026 | |
| Symptôme principal | Douleur abdominale récurrente | Douleur OU inconfort abdominal récurrent |
| Fréquence | ≥ 1 jour/semaine | ≥ 3 jours/mois |
| Caractère continu | Pas de précision spécifique | Douleur/inconfort non continus |
| Association | ≥ 2 critères associés | ≥ 2 critères associés |
| Défécation | Oui | Oui |
| Fréquence des selles | Oui | Oui |
| Forme des selles | Oui | Oui |
| Début des symptômes | ≥ 6 mois avant le diagnostic | ≥ 6 mois avant le diagnostic |
| Symptômes remplissant les critères | 3 derniers mois | 3 derniers mois |
Les critères Rome V réintroduisent donc l'inconfort abdominal et abaissent la fréquence minimale de symptômes de 1 jour par semaine à 3 jours par mois.
Mais il y a une troisième modification particulièrement intéressante : la douleur ou l'inconfort ne doivent pas être continus.
Nous allons voir pourquoi.
1. L’inconfort abdominal fait son retour dans les critères
C'est probablement l'un des changements les plus visibles.
Rome IV avait supprimé la notion d'inconfort
Dans Rome IV, le critère principal était la présence d'une :
douleur abdominale récurrente
L'inconfort abdominal n'était plus inclus dans la définition formelle du SII.
Rome V réintroduit désormais :
douleur abdominale OU inconfort abdominal.
Pourquoi ?
Parce que toutes les personnes atteintes de SII ne décrivent pas nécessairement leur expérience digestive comme une douleur.
Certaines parlent plutôt :
-
- d'une gêne importante ;
- d'une pression ;
- d'un ventre inconfortable ;
- d'une sensation abdominale pénible ;
- d'un malaise digestif difficile à qualifier comme une véritable douleur.
La Rome Foundation explique que cette modification tient notamment aux différences observées entre les populations et au fait que certaines personnes présentant un tableau compatible avec un SII peuvent rapporter de l'inconfort sans véritable douleur.
Pourquoi ce changement est-il important ?
Parce que la façon dont on pose une question peut influencer la façon dont une personne se reconnaît — ou non — dans un diagnostic.
Le mot « douleur » peut paraître trop fort pour certains patients.
L'ajout de « inconfort » permet donc de mieux prendre en compte la diversité des expériences digestives.
2. Le seuil passe de 1 jour par semaine à 3 jours par mois
C'est probablement le changement qui aura le plus de conséquences sur le nombre de personnes répondant aux critères.
Avec Rome IV
Il fallait présenter une douleur abdominale en moyenne :
au moins 1 jour par semaine
pendant les 3 derniers mois.
Cela correspond approximativement à 4 jours par mois.
Avec Rome V
Le seuil devient :
au moins 3 jours par mois
pendant les 3 derniers mois.
Ce changement peut sembler minime, mais il est important.
La fréquence relativement élevée exigée par Rome IV avait contribué à réduire fortement la prévalence du SII observée dans certaines études épidémiologiques.
Les travaux ayant contribué à Rome V ont suggéré que ce seuil plus élevé sélectionnait une population plus sévèrement symptomatique que celle rencontrée dans la pratique clinique.
Rome V revient donc à un seuil de 3 jours par mois.
3. La douleur ou l’inconfort doivent être récurrents, mais pas continus
C'est une nouveauté particulièrement importante.
Rome V précise que la douleur ou l'inconfort abdominal doivent être :
récurrents, mais non continus.
L'objectif est notamment de mieux différencier le SII d'autres troubles, en particulier le syndrome de douleur abdominale médiée centralement (Centrally Mediated Abdominal Pain Syndrome, CAPS).
Dans ce dernier, la douleur est définie comme continue ou quasi continue.
Sur le plan conceptuel, la distinction est donc intéressante.
Mais elle soulève déjà une question en pratique :
Comment un patient fait-il la différence entre une douleur « continue » et une douleur liée à une poussée de SII qui semble durer toute la journée ?
Et cette question n'est pas seulement théorique.
Une première étude de validation soulève déjà une question importante
En juillet 2026, une étude publiée dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology a évalué pour la première fois de manière indépendante les performances des critères Rome V chez des patients adressés dans une consultation spécialisée SII au Royaume-Uni.
Les chercheurs ont étudié 726 patients.
Parmi eux, 590 répondaient au standard de référence utilisé pour définir un SII dans cette étude.
Or :
-
- 66 % de ces patients répondaient aux critères Rome V ;
- contre environ 79 % avec Rome IV ;
- et 88 % avec Rome III.
La spécificité de Rome V était d'environ 80 %, très proche de celle de Rome IV.
Pourquoi certains patients n'étaient-ils plus classés comme SII ?
La principale raison était précisément le nouveau critère concernant la douleur continue.
Parmi les patients répondant au standard de référence mais ne remplissant pas Rome V, environ 71 % rapportaient une douleur abdominale quotidienne, ce qui les excluait des critères Rome V.
Cela ne signifie pas que Rome V est « mauvais ».
Cela signifie plutôt qu'une modification destinée à mieux distinguer le SII d'autres syndromes douloureux pourrait, dans certaines populations, exclure des patients qui auraient auparavant été considérés comme ayant un SII.
Et il faut rester prudent : cette étude a été réalisée dans un seul centre de soins secondaires au Royaume-Uni et n'utilisait pas encore les questionnaires officiels Rome V définitifs. Les auteurs soulignent donc la nécessité d'autres études dans différents contextes, notamment en soins primaires.
4. Les trois associations avec les symptômes intestinaux restent
Rome V conserve les trois grands éléments qui permettent de relier la douleur ou l'inconfort aux troubles intestinaux.
Le symptôme doit être associé à au moins deux des éléments suivants :
Relation avec la défécation
Les symptômes peuvent être :
-
- améliorés par la selle ;
- aggravés par la selle ;
- ou simplement associés à la défécation.
Modification de la fréquence des selles
La douleur ou l'inconfort peuvent être associés à une modification du nombre de selles.
Modification de la forme des selles
Le changement peut concerner la consistance ou l'aspect des selles.
L'utilisation de l'échelle de Bristol reste notamment importante pour caractériser le type de SII.
5. La durée des symptômes : 6 mois reste une référence importante
Rome V conserve, pour les critères diagnostiques formels, une temporalité reposant sur :
-
- des symptômes présents au cours des 3 derniers mois ;
- avec un début des symptômes remontant à au moins 6 mois avant le diagnostic.
Mais il faut faire attention à une distinction importante introduite par Rome V :
les critères destinés à la recherche et les critères destinés à la pratique clinique sont désormais distingués plus clairement.
Critères de recherche et pratique clinique : une distinction importante
C'est un changement plus général de Rome V, mais qui mérite d'être expliqué.
Pourquoi faire cette distinction ?
En recherche, il est indispensable d'avoir des populations très précisément définies.
Cela permet de comparer deux études et de savoir que les chercheurs parlent bien des mêmes patients.
Les critères de recherche doivent donc être suffisamment stricts pour assurer une bonne homogénéité.
En pratique clinique, la situation est différente.
Le médecin doit également tenir compte :
- de l'histoire du patient ;
- de l'intensité des symptômes ;
- de leur retentissement ;
- des signes d'alarme ;
- du contexte clinique ;
- et de son jugement médical.
Rome V formalise davantage cette distinction entre critères de recherche et critères cliniques.
Rome V ne signifie pas qu'il faut attendre 6 mois avant de prendre en charge un patient
C'est un point particulièrement important pour éviter une mauvaise interprétation.
Les critères formels sont utiles pour standardiser le diagnostic.
Mais ils ne doivent pas être compris comme une obligation de laisser un patient souffrir pendant plusieurs mois avant de commencer à le prendre en charge.
La Rome Foundation distingue justement les critères utilisés pour la recherche de l'approche clinique, dans laquelle le contexte du patient et le retentissement des symptômes ont leur importance.
Autrement dit :
Un critère diagnostique est un outil de classification. Ce n'est pas un substitut au raisonnement clinique.
6. Une évolution plus générale : moins utiliser le terme « fonctionnel »
Rome V poursuit également une évolution commencée avec Rome IV.
Pendant longtemps, de nombreux troubles digestifs ont été qualifiés de « troubles fonctionnels ».
Ce terme pouvait laisser entendre, à tort, que les symptômes existaient sans mécanisme biologique identifiable.
La classification moderne privilégie davantage la notion de :
troubles des interactions intestin-cerveau — DGBI.
Cette évolution correspond mieux aux connaissances actuelles sur les mécanismes impliqués, notamment :
- la motricité digestive ;
- l'hypersensibilité viscérale ;
- le traitement central des signaux digestifs ;
- le microbiote ;
- les interactions neuro-immunes ;
- les facteurs psychosociaux.
Cela ne signifie évidemment pas que « tout vient du cerveau ».
Au contraire.
Le concept d'axe intestin-cerveau repose sur une communication bidirectionnelle entre plusieurs systèmes.
7. Une approche davantage centrée sur le patient
Rome V cherche également à mieux intégrer l'expérience du patient.
Deux personnes ayant des symptômes relativement similaires sur le papier peuvent avoir :
-
- un retentissement très différent ;
- des priorités différentes ;
- des facteurs déclenchants différents ;
- des attentes différentes vis-à-vis de leur prise en charge.
Rome V met donc davantage l'accent sur une approche individualisée et multidisciplinaire, intégrant notamment les interventions alimentaires et comportementales lorsque celles-ci sont pertinentes.
Cette évolution est particulièrement cohérente avec ce que l'on sait aujourd'hui du SII : il n'existe pas un seul mécanisme responsable des symptômes chez tous les patients.
Questions fréquentes
Est-ce que Rome V change la manière de diagnostiquer le SII ?
Oui… mais pas au sens où il faudrait désormais multiplier les examens.
Le SII reste avant tout un diagnostic clinique positif, basé sur les symptômes caractéristiques et l'évaluation du contexte.
Les critères de Rome permettent de standardiser cette démarche.
Ils ne signifient pas qu'il faut systématiquement réaliser une batterie d'examens pour « prouver » le SII.
En revanche, le médecin doit rechercher les éléments qui pourraient orienter vers une autre pathologie et réaliser les investigations appropriées lorsque le contexte le justifie.
C'est une nuance importante :
Rome V ne remplace pas le raisonnement clinique. Il l'encadre.
Rome V va-t-il augmenter le nombre de personnes diagnostiquées avec un SII ?
Potentiellement oui, notamment en raison du passage de 1 jour par semaine à 3 jours par mois et de la réintroduction de l'inconfort abdominal.
Les données ayant servi à l'élaboration de Rome V suggèrent que ces changements permettent de se rapprocher davantage de la population rencontrée en pratique clinique.
Mais la première étude indépendante publiée en 2026 montre que la situation est plus complexe : selon la population étudiée et la manière dont on applique le critère de douleur non continue, Rome V peut aussi ne pas identifier certains patients précédemment classés comme SII.
Il est donc trop tôt pour affirmer que Rome V entraînera simplement « plus de diagnostics ».
La réalité pourrait être plus subtile : Rome V pourrait identifier une population différente de celle définie par Rome IV.
Que change Rome V pour les patients ?
Pour une personne souffrant de troubles digestifs, le changement le plus important est peut-être simplement celui-ci :
le diagnostic du SII cherche à mieux correspondre à la réalité vécue par les patients.
Le retour de l'inconfort abdominal reconnaît notamment que toutes les personnes ne décrivent pas leurs symptômes de la même manière.
La diminution du seuil de fréquence peut également permettre de mieux prendre en compte des patients qui présentent des symptômes récurrents mais pas nécessairement chaque semaine.
Mais Rome V ne change pas le principe essentiel :
le SII reste un trouble complexe qui ne se résume pas à l'alimentation.
Et pour les professionnels de santé ?
Pour les médecins et autres professionnels prenant en charge des patients atteints de SII, Rome V apporte un cadre actualisé, mais aussi quelques points de vigilance.
À retenir :
1. Le SII se définit désormais par une douleur OU un inconfort abdominal récurrent.
2. Le seuil de fréquence passe à ≥ 3 jours/mois.
3. Le caractère non continu de la douleur ou de l'inconfort devient explicitement un élément des critères.
4. Les trois associations avec défécation, fréquence et forme des selles restent centrales.
5. La distinction entre critères cliniques et critères de recherche est renforcée.
6. Le diagnostic reste clinique et doit être intégré au contexte du patient.
7. Les premières données indépendantes invitent à la prudence concernant le critère de douleur continue.
Ce dernier point est probablement celui qui mérite le plus d'être suivi dans les prochaines années.
Rome V est-il définitif ?
Si vous ne devez retenir que quelques éléments :
🟢 L'inconfort abdominal revient
Le SII peut désormais être défini autour d'une douleur ou d'un inconfort abdominal.
🟢 Le seuil de fréquence diminue
Il passe de 1 jour par semaine avec Rome IV à 3 jours par mois avec Rome V.
🟢 La douleur doit être récurrente et non continue
Cette modification vise notamment à mieux distinguer le SII des syndromes de douleur abdominale continue.
🟢 Les symptômes intestinaux associés restent essentiels
La relation avec la défécation et les changements de fréquence ou de forme des selles restent au cœur des critères.
🟢 Rome V renforce la distinction entre recherche et clinique
Les critères destinés aux études et ceux utilisés pour guider la prise en charge clinique ne répondent pas exactement aux mêmes objectifs.
🟠 Et surtout : les critères continuent d'être évalués
La première validation indépendante publiée en 2026 montre déjà que certaines personnes auparavant classées comme SII peuvent ne plus remplir Rome V, notamment lorsqu'elles rapportent une douleur quotidienne.
Rome V ne change pas une chose essentielle : le SII est complexe
Modifier les critères diagnostiques ne signifie pas que le SII est devenu une maladie différente.
Notre compréhension de ses mécanismes continue également d'évoluer.
Le SII peut notamment impliquer, à des degrés variables selon les personnes :
- une hypersensibilité viscérale ;
- des modifications de la motricité digestive ;
- une interaction particulière entre le cerveau et l'intestin ;
- des facteurs alimentaires ;
- le microbiote ;
- des facteurs immunitaires ;
- le stress et les facteurs psychosociaux ;
- et probablement d'autres mécanismes encore.
C'est précisément pour cette raison qu'une prise en charge efficace ne peut pas toujours se résumer à « manger pauvre en FODMAP ».
👉 Pour comprendre ces différents mécanismes, découvrez également mon article de référence :
Comprendre le fonctionnement de l'intestin dans le syndrome de l'intestin irritable (SII)
Conclusion
L'arrivée de Rome V constitue une évolution importante dans la manière de définir le syndrome de l'intestin irritable.
Le retour de l'inconfort abdominal, l'abaissement du seuil de fréquence à trois jours par mois et la précision selon laquelle les symptômes doivent être récurrents mais non continus cherchent à rapprocher les critères de la réalité clinique et de l'expérience des patients.
Mais Rome V ne doit pas être considéré comme une simple nouvelle « checklist ».
Les critères sont des outils permettant de mieux caractériser un trouble complexe. Ils doivent être interprétés dans le contexte de chaque patient et ne remplacent pas le raisonnement clinique.
Et surtout, les premières données indépendantes publiées depuis leur mise en place montrent déjà que certaines questions restent ouvertes, notamment autour de la définition de la douleur continue.
Rome V est donc désormais la nouvelle référence, mais son utilisation en pratique va continuer à être précisée par la recherche.
Pour les patients, cela rappelle une chose essentielle : ne pas correspondre parfaitement à une liste de critères ne signifie pas que les symptômes ne sont pas réels ou qu'ils ne méritent pas d'être pris en charge.
Pour les professionnels, l'enjeu sera maintenant de s'approprier ces nouveaux critères tout en conservant ce qui reste indispensable : écouter le patient, rechercher les signes d'alarme, raisonner cliniquement et individualiser la prise en charge.
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Sources scientifiques
-
- Drossman DA, Chang L, Tack J, et al. Disorders of Gut-Brain Interaction and the Rome V Process. Gastroenterology. 2026;170(6):1083-1098.
- Staller K, et al. The Rome V criteria for the diagnosis of irritable bowel syndrome in secondary care: a diagnostic accuracy study. The Lancet Gastroenterology & Hepatology. 2026.
- Rome Foundation. Rome V: A Global Framework for Disorders of Gut-Brain Interaction. 2026.
- Rome Foundation. Rome IV Diagnostic Criteria. 2016.
- Butt MF, et al. Rebuilding Rome—Revising Diagnostic Criteria for Irritable Bowel Syndrome. Alimentary Pharmacology & Therapeutics.
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